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   Courts & Longs                 en compétition

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 Soirées  Spéciales
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AVANT PREMIERE "Yuki & Nina"

      CONCOURS
  10ème Festival de cinéma

       INFOS
           
pratiques

Ceux qui nous soutiennent...
et d'autres...




 

CONCOURS d’écriture de scénarios  12/25 ans

Chaque année, dans le cadre du festival, un concours d’écriture de scénarios est proposé aux jeunes français et européens de 15/25 ans. Les scénarios, inspirés de la thématique de « l’anniversaire » devaient comporter trois à cinq pages et être écrits en français, en anglais ou en allemand.

Lauréats 2009 :

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Morgane GolainMarianne Guérin EmilieAude Feuillet

Morgane Golain,
Marianne Guérin,
Emilie Schwartz,
Aude Feuillet


(France)

" L’anniversaire "

Un scénario de Morgane Golain, 16 ans, Epouville (France), Marianne Guérin, 16 ans, Gonneville-La-Mallet (France), Emilie Schwartz, 17 ans, Bonneville (France) et Aude Feuillet, 16 ans, Grandcamp

 

Séquence 1, extérieur jour, à l’entré du lycée Jean Prévost, bâtiment D

20 novembre 2009. Une fille seule tire la dernière bouffée de sa cigarette puis la jette et l’écrase. Elle monte sur un tronc d’arbre et entame un monologue d’un ton sombre et dénué d’émotion.

La fille : « Ça fait deux secondes que j’ai fini ma cigarette. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 125 ans que la poubelle existe. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 114 ans que le cinématographe a été conçu. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 45 ans, 1 mois et 6 jours que Martin Luther King a reçu le prix Nobel de la paix »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 28 ans, 6 mois et 9 jours que la voix de Bob Marley s’est éteinte. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 6h que je me suis brossée les dents. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 4 millions d’années que l’homme est apparu sur Terre. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 382 635 900 secondes que l’on peut manger un sandwich. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 40 ans, 3 mois, 30 jours et 2h43 qu’on a marché sur la Lune. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 18 jours que je me suis prise une cuite. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.
La fille : « Ça fait 121 ans que Méliès a acheté le théâtre Robert Houdin. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 4 siècles qu’on peut mettre des charentaises à nos pieds. »

Elle passe sur le tronc d’arbre suivant.

La fille : « Ça fait 65 ans et quelques semaines que les femmes votent. »

Elle saute de son tronc d’arbre et met les deux pieds dans un gâteau. 

La fille : « Ça fait 10 ans que le Grain à Démoudre existe. »

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Julien Roland

Julien Rollan
22 ans, Nantes




(France)

"Histoire de le savoir "

Un scénario de Julien Rollan, 22 ans, Nantes

 

Prologue ( Uniquement pour le réalisateur).

Aujourd’hui samedi 7 mars 2009, c’est l’anniversaire d’Alice : elle va fêter ses 18 ans.
Alice est étudiante en 1ère année d’Histoire de l’art. Elle aime la peinture et passe ses journées dans les musées. Du coup comme tous les samedis depuis deux mois, dès qu’elle aura reçu ses lettres d’anniversaire, elle se rendra au musée d’Orsay et en sortira à l’heure de fermeture pour rentrer chez elle manger un repas léger avec du thé. Enfin, c’est ce qui aurait dû se passer.

Scène 1 : Extérieur. Jour.

Alice sort de sa maison, se dirige vers sa boîte aux lettres accolée à la barrière. Elle découvre à l’intérieur trois enveloppes et un colis déposés apparemment par le facteur, mais sans accusé de réception. Elle revient vers son palier de porte et s’assied sur une marche.
Elle commence à ouvrir les enveloppes, découvrant des cartes d’anniversaire et les lit une par une en esquissant des sourires amusés. Mais, entre chaque lecture ses yeux ne peuvent s’empêcher de fixer le gros paquet. Arrivée à la dernière carte, elle saisit calmement le paquet et le pose sur ses genoux. Alice décroche les ficelles et rubans adhésifs un à un. Elle l’ouvre et saisit une lettre sur laquelle est inscrit ce texte écrit par sa mère, décédée quelques années plus tôt.

-Voix Off (mère d’Alice) : « Chère Alice, je pense qu’à cet instant tu es surprise de recevoir un tel message, mais vois-tu certaines choses ne sont pas facile à expliquer de son vivant. Ma mort ne t’a pas trop attristée je l’espère, j’ai tout fait pour que tu ne manques de rien. Evidemment tu me répondrais que l’argent ne fait pas tout, mais il contribue en partie à nous rendre la vie meilleure. T’ayant laissé la maison, et le reste de notre patrimoine, tu les aurais découverts tôt ou tard mais je voulais t’en faire la surprise. J’ai glissé dans ce carton des affaires, des souvenirs que j’ai conservés précieusement bien des années. Peut-être trop. Aujourd’hui ils t’appartiennent. Prends-en bien soin mon petit ange. »

Alice éclate en sanglots à la fin de cette lettre. Essayant quand même de garder les yeux ouverts. Derrière la feuille sont écrits deux mots : « Accepte-le ». Elle ne comprend pas très bien le message, il y a plusieurs objets dessous pourtant. Reposant la feuille, elle regarde dans le reste du paquet. Elle y voit une peluche canard, des dessins d’enfant, une deuxième boite assez lourde. Sur cette boîte Alice épelle les mots écrits au marqueur : « Ouvrir d’abord la seconde enveloppe. ». Elle est étonnée, fouille d’abord d’une main le fond du carton, puis un peu plus vivement. Elle pose la boîte et commence à paniquer, cherchant à tout prix cette seconde enveloppe. Finalement elle la retrouve coincée contre une paroi du colis, déchire l’enveloppe. Seuls deux phrases sont écrites :

-Voix Off (mère d’Alice) : « Avant d’ouvrir ce dernier colis, va donc jeter un œil au musée d’Orsay, cherches-y l’œuvre la plus triste. Tu risques d’être étonnée ».

Alice pousse un soupir, perturbée par ce message. Elle rentre chez elle, dépose les affaires sur une petite table, et glisse la petite boîte dans son sac.

Scène 2 : Intérieur. Atelier de peintre. Ambiance sombre.

Un homme est en train de peindre dans un coin de la pièce. C’est une toile d’environ 30x40cm. Il est assez âgé, a une barbe importante mais bien entretenue. Il manie très délicatement ses pinceaux malgré la corpulence de ses mains. Il est fatigué, ses mains tremblent, son teint est livide.
Sa femme arrive de la cuisine, la porte reste ouverte quand elle s’approche de lui le sourire crispé en voyant le tableau. Cette femme est la mère d’Alice, l’homme son mari et le père d’Alice. Nous ne l’apprenons pas dans cette scène.

-Femme(voix enrouée) : « Tu ne veux pas venir manger ? »
Le mari ne répond pas.
-Femme : « Bien… »
Elle ressort de l’atelier, la tête baissée, et ses yeux qui commencent à lui brûler.

On revient sur la toile, quelques instants. Les derniers coups de pinceaux sont posés. Puis la toile est à peine effleurée pour graver la date : « 2 juillet 1991 ».
L’homme s’endort sur sa chaise, sa tête se reposant sur son torse, laissant tomber son pinceau et sa palette.
On fixe le tableau en entier quelques secondes, le manque de lumière et les couleurs utilisées font que l’on distingue à peine des détails. On peut apercevoir un bras tenant une épée, ainsi que des yeux non-humains.

On se dirige vers la salle à manger. La caméra se coupe avant d’avoir quitté l’Atelier.

Scène 3 : Intérieur. Musée d’Orsay. Beaucoup de lumière.

On suit Alice dans sa visite du musée. Elle se dirige instinctivement vers trois tableaux qu’elle connaît pour le chagrin que l’artiste y a mis. Elle passe à lors à côté d’un tableau assez sombre, pas très grand. Elle s’arrête interloquée, revient sur ses pas et s’approche d’un tableau qu’elle n’avait jamais vu. Elle le scrute, cherche un nom dessus et tout autour mais aucune fiche signalétique n’a été accrochée. Alors elle se met à analyser le tableau. Du moins elle essaye : elle plisse les yeux, cherche les lignes directrices mais recule son visage qui s’est trop rapproché. Puis elle prend son petit carnet pour griffonner, mais son dessin vire à un méli-mélo de trames serrées. Il en devient presque une feuille noire sans dessin. Déçue elle referme son carnet. Comme le tableau est dans une zone peu visitée du musée, elle s’accroupit et entoure ses jambes de ses bras, la tête posée entre les deux genoux. Il est très sombre, mais très profond. Il décrit le combat entre un guerrier muni d’une épée à la main droite et d’un monstre mi-équidé, mi-reptilien. Ils s’affrontent dans une salle à colonnes. Les murs sont trop éloignés pour qu’on puisse les distinguer.
Elle fixe le tableau sans bouger quelques minutes. Puis un cinquantenaire arrive, se tient debout à trois mètres à sa gauche :

Homme « Il y a mis toute sa force, il est mort en le peignant. Il l’a fini au 14ème anniversaire de son fils. »
Alice :  « Et ça représente une scène mythologique ? Son fils devait aimer l’antiquité… »
Homme : « Non, en fait son fils ne l’a jamais vu. Il est mort d’un cancer quelques mois avant.»
Alice : « Mince… » Ce mot s’éteint dans sa bouche lentement, son visage est peiné. Brusquement elle repense au mot que lui a laissé sa mère. Elle lève les yeux vers cet homme. « Cet artiste est mort en quelle année ? »
Homme : « Il y a 18-19 ans. »
Alice : « Qui… ? » (visage angoissé) 
Homme : « Votre père mademoiselle... »
Alice a alors un sursaut, se demande comment cet homme la connaît.
Homme : « Excusez mon entrée en scène, votre mère m’a dit que j’étais libre de vous l’apprendre comme bon me semblait, Alice. »

La caméra s’éloigne, on les voit discuter sans les entendre, puis il l’invite à le suivre. Ils traversent des portes, des couloirs et s’enfoncent sous le musée dans l’une des réserves de tableaux et sculptures.

Scène 4 : Intérieur réserve du musée. Sombre.

Le conservateur ouvre de grands panneaux sur lesquels figurent des tableaux de ce même artiste.

Pendant le dialogue, on insère des flashbacks tirés de la scène 2.

Alice : « Je savais que mon père peignait pour le plaisir, mais maman ne m’avait jamais dit qu’il avait autant de talent. » Ses yeux écarquillés parcouraient chaque tableau.
Conservateur : « J’ai toujours cru en lui, mais il ne voulait pas en faire son métier. Il ressassait qu’il avait besoin d’argent pour les soins de Michaël… ton grand frère. »
Alice : « Mais la maladie l’a rattrapé. Vous dites qu’il est mort d’épuisement en peignant ce tableau ? »
Conservateur : « Oui, il a peint sans relâche trois jours de suite. Son corps n’a pas résisté, seul son esprit réussissait à le maintenir en vie. Puis une fois son travail accompli il s’est éteint. Laissant ta mère te mettre au monde huit mois plus tard. Ne lui en veut pas il ne savait pas que tu étais là : elle avait gardé le secret. Elle s’est confiée à moi rapidement, elle ne savait si elle devait te garder ou si ton père te refuserait. Ils avaient tout donné à leur premier enfant et sa maladie avait été si soudaine.(il reprend calmement sa respiration) Finalement elle n’aura pas eu le temps de lui en parler. »
Alice : « Et pour sa maladie ? Son cancer… savait-elle qu’il était héréditaire ? »
Conservateur : « Après la mort de ton père, elle a décidé d’effectuer des tests. Ils étaient positifs. Elle espérait que tu ne sois pas touchée. Elle te demande pardon. »

Alice se retourne et éclate en sanglots. De son côté le conservateur tourne son regard vers les tableaux. La caméra s’éloigne doucement.

Scène 5 : Intérieur. Salle à manger. Fin de la scène 2.

La caméra arrive dans la cuisine, puis dans la salle à manger. Elle n’est pas très grande mais est étagée avec un salon TV/cheminée par deux marches. La femme est assise à table et mange très lentement ce qu’elle a préparé. Des larmes lui coulent des yeux mais elle n’y prête pas attention. Sur la table sont posés trois assiettes, des plats chauds, un gâteau d’anniversaire pour 14 ans, un gros paquet cadeau et une feuille A5 dessus « Bon anniversaire mon grand ! ». Mais le jeune homme n’est pas là. On peut le voir sur une photo posée sur la commode. On y voit un garçon entouré de l’homme et la femme. Soudain elle s’arrête de manger, s’essuie les lèvres et parle sans qu’on l’entende parler, tout en se caressant le ventre. Son ventre n’est pas gros car elle n’est enceinte que depuis un mois.

Scène 6 : Intérieur. Hôpital. 2 ans plus tard.

On voit Alice allongée dans un lit. Elle porte un masque pour l’aider à respirer, une perfusion reliée à une solution sucrée/salée. Mais le respirateur automatique et les bouteilles de morphine sont dans un coin de la pièce. Au-dessus de sa table de chevet un calendrier montrant la date du jour : 12 juillet 2011. Sur cette petite table, on retrouve la boite qu’elle n’avait pas ouvert. Dedans sont regroupées des photos de son frère, son père, et sa mère.
Un rayon de lumière vient alors toucher son visage. Elle ouvre les yeux et sourit (gros plan).
La caméra se coupe sur ses yeux.

Fin.

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Oriane Sidre

Oriane Sidre
17 ans, Bouxières-aux-Dames




(France)

"Heures de fêtes "

Un scénario de Oriane Sidre, 17 ans, Bouxières-aux-Dames (France)

 

SCENE 1 : INT NUIT/CHAMBRE D'EMMA

La chambre est petite, modeste, avec des photos de famille sur les murs, quelques commodes, une table de nuit à côté d'un grand lit. Plongée dans le noir, la chambre n'est illuminée que par les rideaux bruns de la fenêtre qui laissent filtrer des éclairs de diverses couleurs... On entend les pulsations d'une musique électronique. EMMA LESIEUR est allongée sous sa couverture. Elle rabat brusquement cette dernière, et se relève en soupirant. Elle regarde l'heure sur le réveil posé sur sa table de nuit.

SCENE 2 : EXT NUIT / BALCON D'EMMA

Emma, en robe de chambre bleu, est accoudée à son balcon et regarde, l'air pincé, une petite maison en contrebas, d'où proviennent les lueurs colorées et les pulsations de la musique. A travers une porte-fenêtre donnant sur un jardin, des ombres s'agitent et dansent. Dans le jardin illuminé par des lampions, de jeunes gens sont en train de fumer ou de boire dans des gobelets.

EMMA
(énervée)
Encore... Ça va durer jusqu'à quelle heure ?

Emma rentre.

SCENE 3 : INT NUIT / CUISINE D'EMMA

On entend toujours la musique. Tout comme la chambre, la cuisine reste modeste et bien rangée. Emma est accoudée à une petite table près de la cuisinière et lit un livre volumineux. La vieille femme soupire et s'immobilise soudain. La porte du fond de la salle s'ouvre. Un grand JEUNE HOMME, les cheveux bruns en bataille et les yeux larmoyants, sursaute en apercevant Emma.

JEUNE HOMME
Oh...Excusez-moi ! Où est Jacques ?

EMMA
(calmement)
Si c'est de monsieur Calais que vous parlez, c'est à côté. Mon voisin. Vous vous êtes trompé de chemin.

JEUNE HOMME
(en se passant la main sur la figure)
Oh... J'étais juste sorti pour...enfin...Pourtant j'étais dans le jardin.

EMMA
Vous m'avez l'air fatigué. Pas étonnant à faire les fous comme ça. Tenez, asseyez-vous.

Elle se lève, se dirige vers lui et le guide jusqu'à la chaise. Il s'assoit, l'air hagard.

JEUNE HOMME
Merci... Je n'aurais pas dû boire autant... Je suis désolé de débarquer comme ça chez vous...

EMMA
(en se penchant derrière la cuisinière)
Mais non, je comprends ! Mon jardin est adjacent avec celui de votre Jacques. Il est facile de se perdre. Vous en faîtes un raffut depuis sept heures.

JEUNE HOMME
Ah, c'est parce que c'est son anniversaire. Il a vingt-quatre ans aujourd'hui.

Emma se relève en tenant une bouteille à la main.

EMMA
Et alors ? Ce n'est pas une raison pour faire autant de bruit. Vingt-quatre ans ? Ce n'est pas beaucoup. Tenez !

Elle pose la bouteille sur le table. Le jeune homme secoue la tête en souriant.

JEUNE HOMME
Non, non ! Vous savez, je crois que j'ai déjà un peu trop bu...

EMMA
Allons, ce n'est pas vos cocktails chimiques. Regardez, « Liqueur de mirabelle », et croyez-moi, c'est de la vraie ! Tenez, goûtez, au moins.

Elle prend un verre dans la commode. Le jeune homme continue de refuser.

EMMA
Juste un, juste un ! Vous ne voulez pas essayer ?

Elle lui remplit abondamment le verre et le lui tend. Il le prend en hésitant et boit.

EMMA
(en le regardant)
Ça va te remonter.

SCENE 4 : INT SOIR / CUISINE D'EMMA

Le jeune homme est à demi allongé sur la table, les joues rouges, et tourne son verre entre ses mains. Emma, assise raide droite à sa gauche, lui verse de temps en temps quelques gouttes de liqueur ou lui approche une barquette de petits gâteaux secs.

JEUNE HOMME
(voix saccadée)
C'est un copain d'enfance. On faisait des tas de conneries dans le quartier. Lui surtout, moi, j'étais plutôt sage ! Après la fac, on s'est plus revu. Et puis, un jour, au hasard, on s'est croisé. Il m'a invité à sa fête il y a même pas une semaine. Ça faisait trois, non... quatre ans... Elle est rudement bonne, votre boisson.

On entend une horloge sonner dans la pièce à côté. Le jeune homme sursaute.

EMMA
Déjà minuit... C'est une longue fête.

Elle se lève pour ouvrir la fenêtre.

JEUNE HOMME
(il se ressert un verre de liqueur)
Oh, vous savez, ça va durer toute la nuit ! Jacques est du style insomniaque. Il me réveillait en plein milieu de la nuit pour me demander des conseils sur un devoir ou me raconter des vannes. Il ne dort jamais.

Il boit et mange goulûment trois petits gâteaux. Emma, qui lui fait dos, regarde dehors.

JEUNE HOMME
Je ne me suis jamais senti proche de lui. Il est trop... prétentieux, sûr de lui, sûr de tout, je sais pas ! Pourquoi m'a-t-il invité ?... Pour faire croire qu'il connaît du monde. C'est vrai qu'il est sympa, au début. On s'entendait bien quand on était gosses. Mais depuis... (il renverse son verre) Ouh... (se prend la tête entre les mains) J'ai mal à la tête...

EMMA
C'est normal, la musique est plus forte que tout à l'heure. Elle doit vous donner le tournis.

JEUNE HOMME
Vous croyez ? Il faut que j'y retourne. Jacques doit se demander où je suis... (il se relève et se rassoit mollement) Oh, et puis non, je parie qu'il m'a déjà oublié. Vous vous entendez bien avec lui ?

Emma se retourne pour répondre mais le jeune homme ne l'écoute plus, fouillant sa poche.

EMMA
Comme tous les voisins. Il est poli...

JEUNE HOMME
(soudainement agité, sortant un paquet brillant de sa poche)
Regardez, venez voir ! Je lui ai acheté une montre, de marque en plus ! V'nez voir !

Emma s'approche doucement du jeune homme qui lui fait des signes. Il lui montre le paquet qu'il déchire violemment, découvrant une montre à monture argentée dans un écrin.

JEUNE HOMME
Classe, non ?

EMMA
Oh, vous savez, moi... Les montres...La pendule me suffit.

JEUNE HOMME
C'est un beau cadeau. Mais est-ce qu'il le mérite ?

Il range le paquet dans sa poche et se prend soudainement la tête entre les mains.

JEUNE HOMME
Désolé, je crois que... je dois y aller... je m'étais perdu... Par où est le jardin ?

Il se lève, titube, essaie de se raccrocher à une chaise. Il vacille et tente de s'appuyer sur l'épaule d'Emma, qui recule. Il s'affale.

SCENE 5 : INT NUIT / SALON D'EMMA

Le jeune homme est allongé sur un divan et bordé par une couverture brune. Le salon est spacieux, comportant des commodes et une large table, propres et ordonnés. Une porte-fenêtre donne sur le jardin d'Emma. Une grande horloge est située à côté du canapé et sonne. Il se réveille, se redresse, regarde autour de lui et contemple l'horloge. Il se passe lentement la main sur la figure. Il se lève, vacille. On entend les pulsations de la musique. Il ouvre la porte-fenêtre et sort en marchant lentement.

SCENE 6 : EXT MATIN / JARDIN DE JACQUES

JACQUES CALAIS, le voisin d'Emma, jeune homme à taille fine, ramasse des canettes de bière sur son parterre de fleurs. Il a les cheveux en bataille, les yeux gonflés, et n'est pas rasé. Le jardin, adjacent à celui d'Emma, présente une plateforme goudronnée suivie par une large bande d'herbe avec quelques arbustes et parterres de fleurs, ceux -ci jonchés de canettes de bière, gobelets ou assiettes en plastique. Emma ouvre les volets depuis sa cuisine. Jacques, les canettes en main, lui fait un signe de la main.

JACQUES
Bonjour !

Emma lui sourit faiblement.

JACQUES
J'espère que ça ne vous a pas dérangé, la musique et les invités, hier ?

EMMA
Non, non, ne vous inquiétez pas. Je comprends, c'était votre anniversaire... Vingt-quatre ans, c'est ça ? C'est un bel âge.

Jacques hoche la tête et Emma s'apprête à repartir.

JACQUES
Madame Lesieur ! Qu'est-ce que vous avez au poignet ? C'est une montre ?

Elle se retourne et regarde la montre de marque qu'elle porte au poignet droit.

EMMA
Oui, un cadeau de mon fils.

JACQUES
(en souriant)
C'est une belle montre. Vous devez être contente.

Emma lui rend son sourire et ferme la fenêtre.

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Zainab Alatraktchi

Zainab Alatraktchi
16 ans, Frederiksberg




(Danemark)

"Derrière les portes fermées "

Behind Closed Doors

Un scénario de Zainab Alatraktchi, 16 ans, Frederiksberg (Danemark)

 

EXT. RUE - JOUR

On regarde à travers la vitrine d'une boulangerie de l'extérieur, alors que les passants passent devant. Au centre de la vitrine il y a deux gros gâteaux.
Zoom avant de la rue jusque dans la boulangerie.

INT. BOULANGERIE - JOUR

La clochette sonne, lorsque rentre une jeune femme de 27 ans, Emma.

Vendeuse
Bonjour, je peux vous aider ?

Emma
Bonjour. Je voudrais un gâteau
d'anniversaire, s'il vous plaît, celui
qui est dans la vitrine a l'air bien.

La vendeuse apporte le gâteau.

Vendeuse
Voulez-vous écrire quelque chose
dessus ?

La clochette du magasin sonne à nouveau.

Emma
Oh oui s'il vous plaît. Mettez juste:
"félicitations Louis".

La vendeuse commence à écrire avec la crème puis commence à l'empaqueter.

Jessica
C'est bien toi Emma ?

Emma
Wouah ! Jessica ?

Elles commencent à rire et se prendre dans les bras.

Jessica
Comment vas tu ? Ca fait
vraiment longtemps !!

Emma
Je vais très bien? Et toi alors ?
Que deviens tu ?

Vendeuse (se tournant vers Jessica)
Comment puis-je vous aider ?

Jessica
Un gâteau d'anniversaire. Donnez
moi juste le même que celui là

Vendeuse
Que voulez vous écrire dessus ?

Jessica
oh et bien écrivez juste :
"Joyeux anniversaire"

La vendeuse commence à empaqueter l'autre gâteau.

Emma
C'est pour qui ?

Jessica (souriant)
Mon mari.

Emma
Oh, tu es mariée ?

Jessica
Oui. Ca fait maintenant deux ans.
Je suis désolée miss mais je suis
vraiment pressée, je dois y aller
maintenant. Mais on pourrais peut-
être se revoir un de ces jours ?

Emma
Oui ce serait bien .

La vendeuse sert un autre homme dans la file. Les deux jeunes femmes attrapent leurs gâteaux et rentrent.

INT. CHEZ JESSICA - SOIR

Un homme, thomas, 29 ans, et un enfant de 3 ans sont assis autour de la table qui est décorée et sur laquelle on voit des boissons et de la nourriture. Jessica s'avance vers lui et lui fait un câlin.
Jessica
Joyeux anniversaire chéri
Voici le gâteau.

Thomas
Tu es en retard.

Jessica (nerveuse)
Je suis désolée, j'ai rencontré une
ancienne amie à la boulangerie

Elle sourit, anxieuse et sort le gâteau de la boîte. Son visage se fige immédiatement.

Thomas
Qu'est ce qui ne va pas ?

Jessica commence à bégayer, incapable de dire quoi que ce soit de cohérent. Thomas la pousse et regarde le gâteau. Il plisse les yeux suspicieux.

Thomas
Qui est Louis ?

Jessica ouvre la bouche mais les mots ne sortent pas.

Thomas
Répond moi !

Jessica commence à trembler.

Thomas
Qui est-il ? Hein ?

Jessica
Je..... Je..... C'est le mauvais
gâteau, j'ai dut prendre le
mauvais paquet.

Thomas commence à rire.

Thomas
Tu penses vraiment que je suis aussi
stupide ? Tu rentres tard, tu es
habillée comme une merde, et tu
ramènes un gâteau avec un autre
nom d'homme dessus. Tu crois que
je suis fou ? Où étais tu ? Tu ferais
mieux de me le dire. QUI EST-IL ?

 

L'enfant commence à pleurer.
Thomas attrape Jessica par l'épaule et la conduit dans une autre pièce. Jessica répète sans arrêt: "NON" entre ses sanglots. Elle a vraiment peur. Thomas claque la porte derrière lui.

Fondu au noir

INT. CHEZ EMMA - SOIR.

Trois personnes, le père, 60 ans, Louis, 18 ans, et Emma sont assis autour de la table, elle aussi décorée. ils semblent tous très fatigués et commencent à manger le gâteau dans un silence complet. Emma mange très vite et a vite terminé sa deuxième part aussi.

Le père termine sa part. Ses enfants le regardent et posent leurs couverts.

Le père
Je veux juste dire que je suis fier
de toi Louis. (sa voix commence à
faiblir) J'aurais aimé que ta mère
soit là un jour comme celui là. Je sais
qu'elle serait très fière de toi elle aussi.
Joyeux anniversaire.

Ils regardent tous leur assiette et commencent à jouer. La seule chose que l'on peut entendre c'est le son de la porcelaine contre le métal. Emma finit sa troisième part de gâteau.

Emma
Excusez moi.

Elle va dans la salle de bain. On entend la porte claquer.

Fondu au noir.

INT. CAFETERIA - JOUR

Emma et Jessica sont assises à une table et mangent en discutant. Jessica porte une veste avec une écharpe autour du cou et ses épaules bien que le soleil soit haut dans le ciel.

Emma
Alors, il a dit quoi par rapport au
mauvais nom ?

Jessica
Rien du tout. Thomas est génial !
Il est vraiment très très gentil. Je n'avais
jamais rencontré un homme comme lui.
Il me traite comme une reine. Un vrai
gentleman.

Elle resserre un peu l'écharpe autour de ses épaules.

Emma
C'est super. Tu sais, il y en a très
peu de nos jours.

Jessica
Oui j'ai eu de la chance. Et toi alors ?
Comment ça va depuis l'accident ?

Emma (sourit)
Et bien ça va. Elle me manque toujours
bien sur mais je me sens beaucoup mieux
maintenant. Je n'en souffre plus.

Emma avale un gros morceau.

Jessica
C'est vraiment une bonne chose.

Elle jette un coup d'oeil à sa montre.

Jessica
Je vais devoir y aller bientôt. Thomas m'attend.

Emma
Mais on vient à peine d'arriver ! Ca t'ennuie
pas si je vais d'abord aux toilettes ?

Jessica
Je dois y aller aussi. Payons et allons-y.

INT. TOILETTES - JOUR

Jessica se tient face au miroir. Elle vérifie que personne n'est là autour et enlève son écharpe. De gros hématomes recouvrent sa poitrine et son cou. Elle commence à la replacer mais s'arrête lorsqu'elle entend de faibles sons de toux et de vomissement venant des toilettes juste derrière elle. Elle s'approche pour mieux entendre, le son devient plus fort, mais soudainement elle entend la chasse d'eau et s'éloigne.

Jessica réussit à remettre l'écharpe rapidement sur elle, mais Emma voit. Elles se regardent toutes les deux, Emma avec ses yeux rouges et Jessica avec son écharpe qui ne couvre pas les gros hématomes. Elles se regardent en sachant très bien le secret de l'autre, mais elles restent toutes deux silencieuses.

EXT. RUE - JOUR

Elles se tiennent toutes deux près de leurs bicyclettes et sont sur le point de se dire au revoir. Elle se tiennent côtes à côtes gênées. Elles se sourient comme si rien ne s'était passé et s'éloignent à vélo.

TEXTE DE FIN:

« As we must account for every idle word, so must we account for every idle silence » –Benjamin Franklin

FIN

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Arnold de Pascau

Arnold De Parscau
21 ans, Rennes




(France)

"Petite soirée chez M. Vaillant "

Un scénario de Arnold De Parscau, 21 ans, Rennes

 

INTERIEUR. MAISON – NUIT

A l’intérieur d’une petite maison de campagne, une table est somptueusement décorée : grande nappe, couverts en argent et assiettes de faïence, porte-couteaux et dessous de verres, bougeoirs, chandelles... Le crépitement de la pluie résonne contre les fenêtres. Au mur, Une horloge indique 8 heures. Le claquement d’une porte de voiture se fait entendre au loin.

EXTERIEUR. MAISON - NUIT

Sous la pluie battante, Mr. Vaillant, un homme d’une quarantaine d’années s’apprête à entrer dans la maison. Il est bien habillé, fraîchement rasé, et tient une valisette dans une main et une bouteille de champagne dans l’autre.

EXTERIEUR. ALLÉE - NUIT

Une camionnette est garée près d’un buisson. Un avant-bras dépasse de la fenêtre ouverte côté conducteur. La main pendille dans le vide, inerte, trempée par la pluie.

INTERIEUR. MAISON - NUIT

En ouvrant la porte d’entrée de la maison, Mr. Vaillant dépose machinalement sa valisette au pied du porte-manteau et ses clés de voiture sur un petit crochet cloué au mur. En se retournant vers la belle table nappée, il découvre sa femme bâillonnée, solidement attachée à une chaise. Elle est vêtue d’une robe chique et porte des bijoux. Confortablement installé dans un fauteuil, à coté de la victime, un mystérieux personnage au physique improbable (que l’on nommera Mr. X), ne portant pas la moindre attention à l’homme qui vient d’entrer, est en train de se servir un fond de bouteille de vin, et dévore vulgairement un gros plat de viande qu’il découpe énergiquement avec un grand couteau de cuisine. Deux bouteilles de vin vides sont posées devant lui. Mr. Vaillant, sidéré par une telle scène, lâche doucement sa bouteille de champagne, qui tombe au sol sans se casser. Il essaie de faire sortir quelques mots de sa bouche tremblante.

Mr. Vaillant
Qu’est-ce que…

Il est immédiatement interrompu par le cri hystérique de Mr. X s’étouffant avec sa viande.

Mr. X
Agggrrrrhhhhhhhhhhh !

L’étrange individu dirige alors ses doigts vers sa bouche pour en extraire le morceau de viande qui l’incommode. Il dirige ensuite son regard, l’œil sévèrement amoché, vers Mr. Vaillant qui n’a pas bougé de la porte d’entrée. Les deux hommes se fixent. L’un a peur, l’autre fait peur. La femme a l’air terrorisée. Mr. Vaillant essaie une nouvelle fois de parler, mais ne parvient qu’à bouger ses lèvres sans sortir un son. Mr. X, continuant de fixer le pauvre homme, lui fait signe de se taire, en posant délicatement son doigt sur sa bouche ; puis en le faisant descendre doucement le long de ses lèvres, jusqu'à venir empoigner précautionneusement une cordelette tombant du plafond et reliée à une poulie. Mr. X tirant doucement la cordelette, laisse découvrir sous un drap, une bombe à retardement faite maison : (Un sablier cassé fait pencher un côté d’une balance à mesure que le sable s'écoule, de sorte que de l’autre côté la flamme d’une bougie se rapproche petit à petit de la mèche d’un explosif). La femme est prise de panique. Mr. Vaillant affolé intérieurement, se sent contraint de garder son calme. Intimidé et terrifié, il regarde Mr. X avec interrogation. Ce dernier ne cesse de fixer malicieusement Mr. Vaillant comme s’il attendait quelque chose de lui, tout en mâchouillant frénétiquement un morceau de viande, sans prononcer un mot. Mr. Vaillant lève alors doucement ses mains en l’air, et essaie d’avancer désespérément vers Mr. X. Avant même que l’homme ait effectué un pas, Mr. X crache son morceau de viande dans l’assiette posée devant lui et s’adresse à Mr. Vaillant en braillant :

Mr. X
Toi, reste dans ton cercle!

Mr. Vaillant s’arrête net et découvre qu’il est placé au centre d’un cercle rouge tracé sur le sol. Il regarde alors Mr. X et tente une dernière fois de parler :

Mr. Vaillant
Mais qu’est-ce que...
Il est aussitôt coupé :
Mr. X, hurlant
La feeeeeerme!

S’en suit un jeu de regards entre les deux hommes : l’un est face à une incompréhension la plus totale, l’autre continue de fixer Mr. Vaillant, toujours comme s’il attendait quelque chose de lui. Les regards sont entrecoupés de l’image du sable qui continue de s’écouler. Mr. Vaillant cherche une solution. Il regarde autour de lui s’il ne peut pas s’emparer d’un objet pointu ou trouver un moyen d’arrêter Mr. X. Dans son champ de vision se trouve une carabine accrochée au mur. Mr. X adresse immédiatement un signe de la tête à Mr. Vaillant en lui faisant comprendre qu’il ne pourra pas se servir du fusil : A l’aide de son pied, Mr. X décale la chaise sur laquelle est assise la femme bâillonnée, laissant découvrir que cette dernière, enceinte, est en train de découper au sécateur les cartouches du fusil dans un saladier. Au regard de la femme, on comprend qu’elle y a été contrainte. Mr. Vaillant est sidéré. Mr. X pose sa main sur son abdomen et soupire en toussotant pour indiquer qu’il a trop mangé. La flamme de la bougie devient très proche de la mèche de l’explosif. Mr. X commence à tousser fortement. Il se tient le ventre en se cambrant, tout en toussant de plus belle. Complètement ivre, il essaie de souffler sur la flamme, mais s’y prend mal et ne l’éteint pas. Sa toux ne cesse de s’amplifier. Il tente une nouvelle fois de souffler sur la bougie mais s’écroule par terre en s’étouffant. La flamme de la bougie embrase soudainement la mèche des explosifs qui commence à se consumer tout doucement. La victime ligotée se manifeste en essayant de bouger pour se détacher, tout en poussant des cris étouffés par les bâillons. Mr. X avance en rampant vers Mr. Vaillant, l’air menaçant et le couteau de cuisine à la main. Paniqué et dépassé, Mr. Vaillant regarde avec appréhension sa femme en baissant rapidement les yeux, décroche ses clés de voiture et quitte la maison avec précipitation.

EXTERIEUR. MAISON - NUIT

Mr. Vaillant sort de la maison en courant jusqu’ à sa voiture, qu’il s’empresse de démarrer.

EXTERIEUR. ALLÉE - NUIT

Alors que Mr. Vaillant roule à toute vitesse pour échapper à l’explosion, une camionnette arrive et lui coupe brusquement la route. Mr. Vaillant freine brutalement. Les phares de sa voiture éclairent le côté gauche de la camionnette, sur lequel on peut lire l’inscription : « ANNIV’ FRISSONS les Rois de l’émotion. Sensations garanties. Satisfait ou remboursé ». Mr. Vaillant prend conscience de la situation. Son visage se décompose devant ce message.

INTERIEUR. MAISON - NUIT

Pendant ce temps dans la maison, la mèche finit de se consumer. Mr. X se relève, confus, et se dirige vers la femme pour la détacher. Les bâtons de dynamite se transforment en belles bougies étincelantes. Une chanson démarre : « joyeux anniversaire… ». La femme regarde un instant dans le vide, chagrinée, puis lève le regard vers Mr. X d’un air accusateur.

Mr. X
Ecoutez Madame, J’étais très loin d’imaginer qu’il allait…

La femme, lui coupant la parole
C’est quoi ces explosifs ? Ca n’a jamais été dans le contrat ! C’était un gâteau qui était prévu!

Mr. X, baissant la tête comme un enfant qu’on aurait réprimandé, sort un billet de 50 euros de son portefeuille et s’apprête à rembourser la femme. Sans prendre l’argent, elle regarde Mr. X comme s’il venait de l’insulter.
Après un court temps de pose :
La femme
Mais quel salaud !

Mr. X, timidement
Je ne pensais pas que…

La femme
Je parlais pas de vous !

EXTERIEUR. ALLÉE - NUIT

Mr. Vaillant descend de sa voiture, dépité. Il marche en direction de l’homme dans la camionnette et s’adresse à lui.

Mr. Vaillant
Mais qu’est ce que c’est que ces conneries…

L’homme dans la camionnette, très calme
Ca a mal tourné ? Ca arrive…

Mr. Vaillant
Je fais quoi moi maintenant? Je viens de me barrer de chez moi ! J’ai laissé ma femme… Je peux plus revenir vous vous rendez compte, je vais passer pour le dernier des cons! Super la blague !

L’homme dans la camionnette, mystérieux et sûr de lui
Je peux tout arranger…

L’homme attrape un t-shirt sur le siège passager et le tend à Mr. Vaillant.

L’homme dans la camionnette, reprenant
Vous enfilez ça, vous faites ce que je vous dis, et tout se passera bien. Par contre en échange il me faudra un très gros billet.

Mr. Vaillant
Comment ça un très gros billet ? Vous vous foutez de moi, c’est plutôt à vous de me rembourser !

L’homme dans la camionnette sort de sa poche un billet de 50 euros et le tend à Mr. Vaillant par la fenêtre.
Mr. Vaillant regarde l’homme droit dans les yeux. Il ne prend pas l’argent. Mr. Vaillant pose sa main sur le T-shirt, mais se fait repousser par l’homme.

L’homme dans la camionnette, obstiné
Le fric.

Mr. Vaillant réfléchit quelques secondes et sort de son portefeuille un billet de 500 euros qu’il tend par la fenêtre à l’homme à contre cœur. Sans lâcher le billet, Mr. Vaillant jette à l’homme un regard noir.

INTERIEUR. MAISON - NUIT

Dans la maison, l’ambiance est pesante. Mr. X regarde par terre par peur de croiser le regard de la femme. Cette dernière regarde dans le vide, pensive. Soudain, deux coups de feu retentissent dehors. Mr. X et la femme se regardent, ahuris. Mr. X empoigne son talkie-walkie posé près de lui.

Mr. X, dérouté
Qu’est ce que qui se passe ? C’était quoi ça ?

Voix Talkie Walkie (l’homme dans la camionnette), paniqué
Il a complètement pété les plombs. Il a essayé de m’étrangler... C’est un fou furieux... Il a essayé de me crever les yeux avec ses clés. J’ai été obligé de lui tirer dessus…
Mr. X, hors de lui
Mais t’es con ! Tu vas aller expliquer ça aux fli…

Soudain la femme pousse un hurlement en regardant la porte d’entrée. Mr. Vaillant, la tête collée à la vitre, fait glisser contre cette dernière sa main pleine de sang. Il pousse la porte et s’affale sur le sol, les deux mains sur son abdomen gorgé de sang.

Discrètement, Mr. X fait glisser le couteau de cuisine sur le sol en direction de Mr. Vaillant, qui l’empoigne pour venir sabrer d’un coup sec la bouteille de champagne posée par terre à ses pieds. Il secoue la bouteille en direction de sa femme, avec un grand sourire.
La femme regarde son mari avec un soulagement frisant l’évanouissement. Ce dernier, tout content, ouvre sa chemise pleine de sang. Dessous, il porte un T-shirt sur lequel est inscrit en gros « L’arroseuse arrosée !!! ». La femme, euphorique, ne peut plus contenir sa joie. Elle regarde Mr. X, qui lui adresse un large sourire, puis regarde son mari, qui fier de lui, adresse à sa cette dernière un clin d’œil. Mr Vaillant sert du champagne à sa femme et à Mr. X.

EXTERIEUR. ALLÉE - NUIT

L’homme dans sa camionnette est en train de compter des dizaines de billets de 500 euros. Il prend son talkie walkie posé sur une pile de t-shirts « L’arroseuse arrosée » et s’apprête à parler.

INTERIEUR. MAISON - NUIT

Le talkie walkie près de Mr. X émet un son indiquant que quelqu’un veut lui parler. Mr. X prend discrètement ce dernier et le colle à son oreille.
Voix Talkie Walkie (l’homme dans la camionnette)
7000 en une semaine, on a connu pire.

Mr. X pose discrètement le talkie walkie sur la table et lève son verre à la santé de Mr Vaillant et sa femme, d’un air réjoui.

FIN

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