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Les films du grain à démoudre

logo du grain à démoudreLauréats 2010
Concours d'écriture de scénarios


Chaque année, dans le cadre du festival, un concours d’écriture

de scénarios est proposé aux jeunes français et européens de 15/25 ans.
Les scénarios, inspirés de la thématique de « le temps »

devaient comporter trois à cinq pages et être écrits en français,

en anglais ou en allemand.

Les Lauréats du Concours d'écriture de scénarios 2010



Lucas Fillon

Back man 

Un scénario de Georges Hauchard-Heutte, 16 ans,
Déville-les-Rouen - France

 

Cliquez ici pour lire le scénario


SEQUENCE 1 : Intérieur – Chambre d'appartement relativement moderne et peu personnelle – lumière filtrée par les rideaux

Dans une chambre, un homme dort. La caméra fait le tour de la pièce, et l'on voit des photographies d'un couple avec un adolescent punk, le même couple mais plus jeune, l'enfant n'étant pas punk, des photos récentes d'amis, de filles, des petits papiers avec des numéros de téléphone, un vieux réveil. Le vieux réveil sonne, l'homme se réveille et l'arrête. Il se lève, marche dans le couloir, va cocher la case du jour qu'il est sur son calendrier et va se faire un thé avec la théière. Elle se met à siffler, et il verse l'eau dans une tasse. Il la pose et s'assoit, mange quelque chose dans une assiette (ex : un bacon) et d'un coup de coude fait tomber sa tasse. Las, il commence à la ramasser, lorsque la chasse d'eau se fait entendre. Il est un peu inquiet et surpris, il s'avance prudemment vers les toilettes, le reste de la tasse cassée dans sa main. Il met son autre main sur la clenche, la tourne, ouvre doucement la porte, mais il n'y a rien d'autre que la chasse d'eau qui se remplit et la lumière allumée. Il ferme la porte et s'assoit sur la cuvette fermée sans aller aux toilettes, et pense. Tout d'un coup, il entend le réveil sonner dans sa chambre, puis être arrêté. Il a très peur et se lève. Il entend quelqu'un marcher d'un pas traînant sur la moquette, s'arrêter un peu dans le couloir, puis aller mettre un récipient qu'il remplit d'eau sur la gasinière. On allume le gaz. Il est pétrifié, puis progressivement la théière se met à siffler... Il se met sur la cuvette, cherchant dans l'armoire n'importe quoi qu'il puisse utiliser comme une arme, puis entend alors que l'on trifouille dans son armoire pour sortir de la vaisselle, une assiette, un verre. Paniqué, il cherche discrètement en essayant de faire le moins de bruit, le reste de tasse cassée qu'il tient par l'anse avec deux doigts. Dans la pièce d'à côté, une tasse est cassée. Il n'a rien trouvé, alors redescend de la cuvette en s'appuyant sur la réserve d'eau, mais enclenche sans le vouloir la chasse d'eau. L'énorme bruit retentit, il est alors pétrifié, et dans le tout petit cagibi des toilettes, il se plaque au mur que l'on ne peut pas voir directement en entrant dans les toilettes (le mur sur lequel est la porte des toilettes). Il est pétrifié, la poignée est tournée doucement, puis la porte s'ouvre lentement. Il ferme les yeux du plus fort qu'il le peut. On le voit à gauche plaqué au mur, et à droite, la porte qui s'ouvre.
C'est lui même qui l'ouvre.
Noir

SEQUENCE 2 : Intérieur – Même appartement mais en construction, murs en ciment, pas de fenêtres - Matin

L'homme est en peignoir, les yeux fermés et dans la même position plaquée au mur que dans la scène précédente. Il a toujours le bout de tasse dans sa main. Comme il entend le bruit d'un chantier et non celui de la porte, il ouvre les yeux, inquiet. Il sent le ciment froid sur ses mains alors il les enlève rapidement, les regarde, observe le mur, s'en écarte. Il remarque qu'il n'y a pas de toilettes, juste un tuyau. Il passe par l'encadrement de la porte, puis va voir sa chambre. Il est horrifié de voir qu'elle est vide, uniquement en ciment. Il s'en va en courant vers la porte qui n'existe pas, et se retrouve dans le couloir. Il regarde rapidement autour de lui, et court dans une direction. Il se retrouve face à un l'emplacement vide d'une porte, donnant sur un trou très profond. Comme il n'y a pas d'ascenseur, il court vers les escaliers et les dévale.

SEQUENCE 3 : Extérieur – Chantier d'immeuble – Jour

L'homme sort de l'immeuble, au moment où les ouvriers commencent à arriver avec de grosses bétonnières, des grues et autres outils. Il court dans la boue, arrive à l'entrée du chantier et s'arrête devant le permis de construire. Il est écrit le nom du constructeur, que c'est un immeuble d'habitations, et que les travaux doivent s'effectuer du 15/06/1978 au 28/04/1982. Abasourdi, l'homme ne comprend pas, et regarde tout autour de lui. Il n'a rien trouvé, alors il cherche dans les poches de son peignoir, et y met le bout de tasse. Il ne trouve rien, et paraît se souvenir de quelque chose, alors il se dirige vers la rue jusqu'à un arrêt de bus.

SEQUENCE 4 : Intérieur – Bus des années 80 – Jour

Il est dans le bus, et regarde par les vitre taguées et rayées, et voit la ville défiler sous ses yeux. Il aperçoit de temps en temps des publicité pour les Compact Disc, tandis qu'il porte un regard méfiant aux personnes qui sont dans le bus. Des vestes de cuir, quelques Dock Martins, des doudounes flashies pour enfants ou encore une fille avec une chemise dans le pantalon lui font décrocher un léger rictus de moquerie, puis il regarde de nouveau la ville aux aspects vieillis.

SEQUENCE 5 : Extérieur – Rue avec maisons ouvrières en briques – Jour

Il avance dans la rue, regarde les numéros de maisons, puis se dirige vers une des multiples maisons en briques. Il monte les quelques petites marches puis sonne à la porte. La femme que l'on avait vu sur les premières photos du couple avec l'enfant lui ouvre. Il a l'intention de se jeter dans ses bras, mais il s'arrête en voyant que la femme, sa mère, ne le reconnaît pas. Il est triste et ne dit rien, sa mère lui demande qui il est mais il ne répond pas. Il regarde derrière elle et voit dans la maison un jeune homme punk. Il recule en titubant, puis trébuche sur les marches.

SEQUENCE 6 : Extérieur – Même rue mais avec maisons plus neuves, et moins de maisons que séquence 5 – Lumière différente de séquence 5

Il se rattrape avant de tomber, et la maison est fermée, un peu moins abimée. Il s'échappe d'en face de cette maison et court dans la rue. Au bout de la rue, alors qu'il n'y a presque plus de maisons, il aperçoit une maison de maître. Il calme sa course, et se dirige vers la demeure. Comme il y a de la lumière, il passe l'entrée du jardin. Alors qu'il avance dans le jardin, il voit un rideau bouger et une femme âgée le regarder, puis s'en aller avec stupeur. La porte s'ouvre vivement, et une bonne assez âgée pousse un cri mêlé à son nom, saute de joie, les larmes aux yeux. Il arrive sur le seuil et elle lui saute dans les bras, pleure un peu, puis se dégage de lui, remet son tablier, et le regarde. Elle a un regard triste et lui dit :
« Oh, cela me fait énormément plaisir de vous revoir, après tant de temps... Mais, vous arrivez vraiment au mauvais moment, peut-être un peu trop tard... Enfin, je ne sais pas ce que vous faites habillé de la sorte, mais je vais vous trouver de quoi vous vêtir. Entrez... Oh... » Il entre.

SEQUENCE 7 : Intérieur – Hall d'entrée d'une maison luxueuse style 19ème – Jour

Elle essuie encore une larme puis monte rapidement les larges marches. Après quelques instants, elle revient, des habits à la main. Elle les lui donne et lui dit :
« Habillez vous vite... Je sais que vous venez pour la voir, mais soyez bien habillé. C'est bien triste, monsieur, je vais voir si vous pouvez aller la voir... Attendez ici... » Elle rentre dans une pièce, il s'habille, on entend des voix, puis un léger cri de surprise choquée, et des pas de retour de la bonne. Elle ouvre et lui dit d'entrer d'un signe de la main, ce qu'il fait.

SEQUENCE 8 : Intérieur – Chambre luxueuse avec grand lit, style fin 19ème – jour

Il voit une vieille dame allongée dans un lit, qui le regarde avec une once de tristesse, une joie infinie et quelques accents d'amour. Elle se redresse en disant, avec un ton cachant maladroitement des larmes :
« Ah, tu me vois dans un bien triste état. En plus, toi, tu n'as pas l'air d'avoir pris une ride, je ne comprends pas, tu a l'air même plus jeune.. Je... Je suis mourante, tu... »
Une larme coule et ses yeux n'arrivent plus à les retenir :
« Pourquoi es-tu parti ?... Si longtemps... Pourquoi reviens-tu seulement maintenant ?... Pourquoi ?... Je t'en ai voulu, mais je ne peux pas, je t'ai vraiment aimé, tu sais... Ma fin est bien trop proche pour que je puisse t'en vouloir... »
Il s'est approché du lit, et elle l'enlace et le serre fort, puis l'embrasse, avant de se reprendre et de le lâcher. Elle lui dit :
« Je ne t'ai jamais compris, tu... Tu es... lunatique... Pourtant, je sais que tu m'aimes et que tu m'as toujours aimée, mais tu parais si étrange, je... Tu sais, je t'aime, je... Tu devrais t'en aller, je ne me sens pas bien... »
La bonne l'emmène hors de la pièce, en pleurant. L'homme est totalement abasourdi, il ne comprend absolument rien et se retient au mur du hall. En haut des marches, une belle jeune fille le regarde, un mouchoir à la main, puis s'essuie une larme et dévale les escaliers pour lui sauter dans les bras. Elle pleure en lui disant :
« Papa ! Je ne comprends pas, pourquoi es-tu parti ? J'avais besoin de toi tu sais !... Papa... »
L'homme, complètement sonné, se dégage doucement de son étreinte, la regarde avec des yeux humides et effrayés, puis il marmonne « Excuse moi, je... Je dois me remettre, je ne me sens pas bien... attends... »
Il titube et se précipite vers une salle. Il n'y a personne, il referme la porte, il y a un grand lit. Sur le mur, il y a une photographie, et il va la voir. C'est une photo de mariage, il voit une magnifique femme et un homme au sourire radieux. Il regarde attentivement. Cet homme, c'est lui. Il s'évanouit.

SEQUENCE 9 : Intérieur – Chambre de la fin de la séquence 8 mais moins poussiéreuse et avec moins de décors – Soir

L'homme se réveille déshabillé dans le lit. Il s'étire, ne paraît pas inquiet, il regarde autour de lui. Il s'arrête, et regarde avec inquiétude le mur sur lequel était la photographie. Il n'y a rien. Soulagé, il souffle un peu, et il commence à entendre qu'il y a de la musique dans la salle voisine, avec plein de gens. Il se lève, regarde par la fenêtre, et voit qu'il y a une fête dans la salle de bal. Il n'y a plus ses habits parterre, alors il va en chercher dans l'armoire. Il s'habille avec un costume de soirée de l'époque, puis il ouvre la porte pour se retrouver dans le hall où plein de gens arrivent, que la bonne vient accueillir avec énergie et stress.

SEQUENCE 10 : Intérieur – Salle de bal luxueuse style milieu 19ème – Nuit extérieure, lumières jaunes chaleureuses à l'intérieur

Il arrive sur le haut des marches de la salle de bal, fait un signe amical à dame de service beaucoup plus jeune, qui ne le lui rend pas, elle n'a pas l'air de le connaître. Il la regarde dans les yeux, cherchant à trouver quelque chose, mais elle détourne du regard, et le laisse passer, un peu déstabilisée, rougissant légèrement.
Il entre dans la foule chic et calme, puis se rend sur le côté près des arcades, entre lesquelles il y a des aquariums avec des petits poissons d'eau douce. Il les regarde et se distrait avec. Soudain, le bruit de la foule diminue, certaines conversations cessent ou se font à voix basse, tandis que l'on entend que beaucoup de gens se tournent vers l'entrée. L'homme se tourne vers l'entrée à son tour, et est alors pétrifié. Il y a là une superbe jeune femme habillée somptueusement qui vient d'entrer. Du haut des marches, elle jette un regard circulaire mais délicat sur tous les invités, croise un instant de
l'homme puis, troublée, descend les marches.

L'homme cherche la jeune fille en regardant par dessus la foule et s'y fraye un chemin, tandis que la jeune fille fait de même. Elle arrive sous les arcades, et lui la voit, alors va la rejoindre. Elle s'en va et va se cacher derrière les aquariums. Ils s'y regardent à travers, ils se cherchent, ils sourient, puis la jeune fille s'en va. L'homme contourne les aquariums et la suit. Elle est dans la foule, et se retourne en souriant. Ils traversent la foule lentement, la fille se retourne de temps en temps avec un sourire, tandis que l'homme aussi sourit. Elle est arrivée de l'autre côté, elle s'est retournée, puis l'homme arrive lui aussi à sortir de la foule. Il avance, la jeune femme recule en riant discrètement, l'homme avance, elle recule en même temps que lui. Il avance plus, elle recule plus, il avance, elle recule, mais alors à ce moment elle percute une serveuse avec un plateau remplit de verres qui passait.
La serveuse perd l'équilibre et tombe, au moment où l'homme prend la jeune femme par le poignet et l'emmène dans la cuisine. Tous les verres se brisent.

SEQUENCE 11 : Intérieur – cuisine style 19ème – nuit dehors, lumières artificielles

L'homme entraine furtivement la jeune fille dans la cuisine, mais sur le mur de l'entrée, elle le retient, il se retourne, et elle l'embrasse. Ils s'embrassent.

SEQUENCE 12 : Intérieur – Salle de la séquence 9 plus décorée – Matin vers 11h

L'homme est habillé en costume, la femme en robe de mariée. La bonne fait quelques finissions, les époussette, puis ils se regardent dans le miroir, sourient, se regardent et échangent un baiser. Il sont heureux. Ils sourient, l'homme regarde avec amour sa fiancée qui lui rend son regard, ils s'embrassent et sortent en riant silencieusement.

SEQUENCE 13 : Extérieur – Marches d'un lieu de mariage – Après-midi ensoleillé

Noir.
On entend le son d'une fête, d'un mariage, les cloches, puis la caméra effectue un mouvement arrière, en même temps que les mariés sortent tout souriants du lieu. On leur lance du riz, chacun regarde de son côté, ils avancent et descendent les marches en même temps que la caméra les suit, toujours au même niveau par rapport à eux. Ils avancent, regardent les gens qui les acclament, et apparaît en premier plan la silhouette d'un photographe. Ils le regardent, sourient et se font prendre en photo. L'homme perd d'un coup son sourire, regarde dans le vague dans la direction du photographe, et paraît choqué. (photo de mariage de la séquence 8) Sa femme le regarde inquiète et lui secoue le bras, alors il la regarde et lui sourit pour la rassurer.

SEQUENCE 14 : Intérieur – Chambre de la séquence 12 – Soir.

L'homme entraine sa femme dans la chambre, et ils s'embrassent avec force, se déshabillent en s'embrassant, puis tombent sur le lit.

SEQUENCE 15 : Intérieur – Chambre de la séquence 12 – Petit matin.

L'homme se réveille, sa femme à ses côtés, et observe les petits oiseaux dehors. Il est heureux. Il se tourne vers la veste de son costume à l'autre bout de la pièce, et se lève pour aller chercher la petite fleur en papier qui y était accrochée. Il la prend et se tourne vers sa femme endormie dans une attitude joueuse, faisant tourner la fleur du bout des doigts. Il s'approche du lit mais fait tomber la fleur. Elle arrive sous le lit. L'homme s'accroupit pour la prendre, puis découvre avec stupeur le reste de tasse cassée qui est là. Il regarde sa magnifique femme endormie, prend la tasse, puis la regarde, et elle n'est plus là. Il se lève, la tasse à la main, et se précipite hors de la pièce en se tenant aux murs.

SEQUENCE 16 : Intérieur – Hall de la luxueuse maison encore plus neuve – Jour

Il titube, se tient aux murs, voit dans les marches une petite fille qui joue, il la regarde, elle le regarde, il est horrifié. Il change de direction, se retourne et la petite fille a disparut. Il titube, entend que des gens parlent et qu'une dame crie dans une pièce voisine, il s'y dirige, ouvre la porte et voit un attroupement de gens, un médecin, un maître de maison, et une femme sur le lit qui met au monde un enfant. Elle crie très fort et personne ne remarque l'homme. Il est totalement perdu, cherche partout, referme la porte. Il a toujours le bout de tasse entre ses mains, avance sur le sol qui n'a plus de tapis rouge, puis sort de la maison.

SEQUENCE 17 : Extérieur – palier de la maison en construction, puis rue et ville – jour

Il trébuche sur les marches de l'entrée et se rattrape, se retourne. La maison n'a plus toute sa toiture et se déconstruit lentement. Il court vers la sortie, l'herbe verte disparaît lentement, et les haies qui entouraient la maison rétrécissent, les feuilles disparaissent. Il passe la porte, et se retrouve sur la route maintenant en terre battue, voit les maisons se déconstruire lentement... Il court, court vers la mer, alors que le soleil n'est plus qu'une trainée lumineuse se déplaçant au gré des saisons. Les bateaux apparaissent, tremblent, repartent à l'envers, les maisons les plus lointaines se désagrègent, tandis que les autres restent encore un peu, avant de se vider, et de se déconstruire. Il court, monte sur la falaise, tout devient blanc de neige, puis progressivement rouge, puis jaune, puis vert, blanc, et ainsi de suite successivement. Il arrive en haut de la falaise qui se reconstruit. Il court, court, alors que la falaise avance en même temps que lui. Il s'arrête, épuisé, la falaise le devance et s'en va lentement au loin. Il se coupe sans le vouloir avec la tasse cassée. Il regarde la tasse avec une goutte de sang, il regarde sa jambe d'où perlent des gouttes de sang, puis il se relève plein de force et apparemment résigné.

Il n'y a plus l'air maintenant d'y avoir aucune trace de la ville, la mer est très loin devant, il voit les arbres pousser et mourir, la mer disparaître au loin. Des arbres pourris apparaissent autour de lui, ils se recomposent, se redressent, puis rapetissent. La mer s'en va au loin en tremblant, et à l'opposé d'elle tout se dessèche. Les arbres sont de plus en plus petits, puis ne poussent plus. La terre devient jaune, et laisse place au sable. Une mer de sable arrive, les vagues de dunes reculant vers lui. Tout est saccadé, les arbres au loin se relèvent rapidement, tremblent, puis rapetissent, tandis que d'autres se lèvent pour faire la même chose. L'homme regarde le désert en face, il arrive lentement mais assez rapidement, l'homme lève la tasse, les pans de désert remplacent des zones vertes. Le désert n'est plus qu'à quelques mètres, l'homme brandit la tasse, le désert avance, il arrive, l'homme tient sa tasse en l'air en tremblant un peu, le désert atteint ses pieds, et alors l'homme s'enfonce la tasse cassée dans le cœur. Il tombe à genoux, le désert ralentit sa course, le soleil aussi, les arbres rapetissent lentement au loin, tout ralentit, la course du soleil est maintenant visible, les dunes se stabilisent, l'homme s'écroule dans le sable, et tout s'arrête.
Son sang rouge se répand sur le sable jaune.

SEQUENCE 18 : Extérieur – zone archéologique dans le désert – plein soleil

Des archéologues de notre époque effectuent des fouilles dans une zone désertique, puis un d'entre eux époussette avec un petit pinceau un objet blanc, lisse et rond. Il y va plus vigoureusement, et découvre que c'est un crâne humain. Il est très abimé, mais reconnaissable. Il le crie à ses amis, et le sort délicatement du sable, puis court vers la tente.

SEQUENCE 19 : Intérieur – Tente de la zone de fouilles – Jour

L'homme rentre dans la tente, heureux, et annonce à son collègue sa découverte.
Ils placent le crâne dans une machine sous une coque en plastique, puis l'archéologue pousse un « Oh... ».
Il regarde son collègue l'air d'avoir fait une découverte incroyable et lui dit :
« Il semblerait que nous ayons trouvé la plus ancienne trace de vie humaine... »

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Lucas Fillon

Bandes Blanches

Un scénario de Annelyse Batrel, 20 ans,
Caen-France

 

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1. EXT- JOUR- RUE
Deux lycéennes s'engagent sur un passage piéton, une voiture s'arrête pour les laisser passer, puis repar. Une autre voiture s'arrête devant le même passage pour piéton. Un vieil homme et son chien traverse lentement. Puis une troisième voiture vient s'arrêter devant ce même passage piéton, seulement cette fois-ci personne ne traverse.
Dans cette voiture, un homme d'une trentaine d'années, vêtu d'une chemise et d'une cravate noté au nom de l'entreprise où il travail. Bureaucrate aux tâches répétitives, Paul s'ennuie dans sa vie trop clame. Dans sa voiture, une Clio, son regard est fixé sur l'horloge du tableau de bord qui affiche 12h18. Il regarde rapidement tout autour de lui, dans ses rétroviseurs, par les fenêtres. Il est très anxieux. Il reste agripper au volant.

PAUL (off)
Allez dépêchez-vous ! Mais qu'est ce que vous faites ? Vous avez vu l'heure?

(murmure à soi-même)
12H18. 18. Allez bientôt, je ferme les yeux.

Il ferme les yeux.

PAUL (off)
1 ,2, 3.... 4...... et 5! Je ne peux pas avancer, j'peux pas avancer.

Il regarde l'horloge du tableau de bord, puis sa montre.
PAUL (off)
OK dans une minute c'est bon, plus qu'une toute petite minute. C'est sûr. 19, c'est bon il est 12h19. Avant c'était 18, mais ça peut être 19, pas de problème ça va s'arranger....

Une voiture arrive derrière la voiture de Paul, il la remarque en regardant dans son rétroviseur.

PAUL (off)
Non, non, non, c'est pas vrai. Je suis arrivé trop tôt aujourd'hui, beaucoup trop tôt, d'habitude ça se passe pas comme ça. OK, respire.

Il regarde nerveusement de tout coté.

PAUL (off)
Non, je suis arrivé trop tard, trop tard, c'est fichu pour moi. Je ne peux pas repartir, pas maintenant, impossible de faire marche arrière, quoi qu'il arrive je ne bouge pas. Ces secondes me paraissent des heures, vite, vite, dépêchez-vous, je vous en supplie.

Les passants sur le trottoir sont de plus en plus nombreux à regarder ce véhicule à l'arrêt. Personne ne traverse le passage clouté. Une deuxième voiture arrive, puis une troisième, des coups de klaxon commencent à se faire entendre.

PAUL (il regarde dans son rétroviseur, off)
Du calme, du calme. Ça ne va pas tarder. Si j'avance, ça sera une vrai catastrophe pour moi. Une folie, je vous jure, vous pouvez pas me faire ça.

Il regarde sa montre tout en gardant ses mains accrochées au volant.

PAUL (off)
12H19, toujours 19, c'est impossible il se passe quelque chose. Le temps s'est peut être arrêté.

Un automobiliste descend de sa voiture et se dirige vers la voiture de Paul. Il tape à la vitre côté conducteur. Paul le regarde et esquisse sourire crispé. Ses mains restent sur le volant, il n'ouvre pas sa fenêtre.

AUTOMOBILISTE
On pourrait savoir pourquoi vous n'avancez pas ? Votre voiture a un problème ? C'est bien beau de s'arrêter aux passages piétons, mais quand il y a personne dessus, je vois pas trop bien l'intérêt !

Paul n'entend que certain de ces mots mais n'y prête pas attention. Il continue de regarder l'heure.

AUTOMOBILISTE (énervé, il commence à hurler)
Oui, tu as raison ignore moi, encore un qui n'a rien dans le pantalon !

Paul fini par desserrer lentement sa main gauche du volant pour baisser un peu sa vitre. L' automobiliste s'approche de la voiture de Paul.
PAUL
Excusez-moi, vous n'auriez pas l'heure par hasard ?

L'automobiliste complètement abasourdi, regarde sa montre sans répondre à la question de Paul. Un autre HOMME arrive avec un téléphone portable à la main.

HOMME
C'est bon j'ai appelé les flics, ils vont pas tarder, ils sont sur le chemin. Je serai vous je partirai tout de suite avant que ça tourne mal pour vous.

Paul referme sa vitre et continue d'agripper son volant, sous les regards étonnés des passants qui n'osent plus traverser.
PAUL (off)
Non, non pas eux, tout est foutu, ils vont arriver, je devrai partir et tout sera fini. Pourquoi tout ce retard ? Il lui est arrivé quelque chose? Non, non... dans pas longtemps.

(murmure à soi-même)
12H19? Mais vite putain

AUTOMOBILISTE (à l'homme)
Merci monsieur on va enfin pouvoir avancer.

HOMME
Je ne supporte pas les criminels dans son genre, déranger tout le monde sans aucune raison. C'est un coup à ce que sa voiture explose au milieu de la rue.

2. EXT- JOUR- RUE
La sirène de gendarmerie se fait entendre. Deux motards et une voiture de gendarme entoure la voiture de Paul.

MOTARD (Très sûr de lui, s'adresse aux passants)

Bonjour messieurs dames, ne vous inquiétés pas tout va bien se passer. Je vais juste vous demandez de vous écartez de cette zone, s'il vous plait.

Paul dans sa voiture n'a toujours pas avancé. L'expression de son visage se fige d'un seul coup. Les deux mains sur le volant, les yeux écarquillés, et la bouche ouverte, on aurai dit qu'il venait d'être glaçé sur place. Sa tête tourne de gauche à droite de façon tellement lente qu'on pourrai croire qu'il est au ralenti. Une FEMME vient de s'engager sur le passage piéton. Pour Paul c'est le monde entier qui vient de s'arrêter. C'est la femme de ses rêves, elle a environ 25 ans, assez grande, brune les yeux noirs. Avant de mettre un pied sur le passage piéton elle quitte des yeux le livre qu'elle a entre les mains. Elle regarde Paul avec un petit sourire discret et lève la main pour le remercier. Paul, lui décolle juste quelques doigts de son volant pour répondre à son geste. Il n'entend plus rien, ni les klaxons des voitures qui attendent, ni le gendarme qui frappe à son carreaux. Il ne vois plus qu'elle, et sa démarche pas très féminine dans ses Converses. Il n'entend plus qu'elle, et le bruit de son Jeans un peu évasé, qu'il trouve plus musical qu'une symphonie. La sangle de son sac à mains lui passe entre les seins, et à travers son tee-shirt des Beathles moulant, montre que cette partie du corps n'est pas son plus grand atout. Ses long cheveux attachés en chigon au-dessus de sa tête, laisse apparaître un petit tatouage sur sa nuque bronzée.

Après le passage de la femme, et alors que les motards venez de dégager le passage de tout piétons et de toute voiture, Paul décolla sa main droite du volant pour passer la première vitesse.

Noir

Paul (off)
A demain. 12H19.


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Lucas Fillon

Renouveau

Un scénario de Patrick Verdu, 23 ans
Maussane-les-Alpilles - France

 

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SEQUENCE UNIQUE – EXT.JOUR
L'action se situe dans une ville quelconque, principalement dans un jardin public : une sorte d'aire circulaire composée de deux accès opposés, quelques bancs et une petite fontaine centrale, le tout est entouré d'arbres et de plantes éparses.

FONDU A L'IMAGE

Le Soleil point à l'horizon.
La pénombre quitte progressivement la ville.
Les arbres frémissent, les oiseaux pépient.

VOIX-OFF(ton neutre)
Le Soleil se lève… ici, maintenant… et nulle part ailleurs…

Les lueurs crépusculaires se fondent rapidement dans le bleu du ciel.

VOIX-OFF
Ailleurs, il trône fièrement à son zénith ou bien se recouche, une nouvelle fois chassé par la nuit…

UN HOMME, aux pieds nus portant un costume gris, est assis seul sur un banc, droit, figé, les mains sur les cuisses, la tête et le buste hors-champ.
Les lampadaires s'éteignent.
Un moineau s'agrippe à la branche d'un arbre.

VOIX-OFF
Cet oiseau évolue plus prestement que la brise : sa tête dodelineavec plus de rapidité que les feuilles de l'arbre ne vacillent sous le vent. Cet insecte qu'il convoite (une mouche tourbillonnante vient narguer l'oiseau) volète plus vite encore. Ces deux êtres jouissent d'une vélocité exceptionnelle, ils n'en restent pas moins cantonnés à cet arbre. C'est un peu comme cette femme.

Sur le banc d'en face, une VIEILLE FEMME à l'air pensif tapote sa bouche de son index aussi régulièrement que le tic-tac d'une horloge.

VOIX-OFF
Elle est assise et ne bouge pas, pourtant sa pensée voyage à la vitesse de la lumière. Au contraire, cet écolier qui gambade…

Un ENFANT, en short, un cartable sur le dos, traverse le jardin en sautillant.

VOIX-OFF
…avance, il parcourt des centaines de mètres en quelques minutesnéanmoins son jeune esprit ne dépasse pas encore la simple conscience de ses mouvements physiques… Et finalement, regarder tous ces mouvements demeure une action auralenti, presque statique.

L'ENFANT sautille au ralenti.
Le moineau prend son envol, battement d'ailes au ralenti.

VOIX-OFF
Tout ça pour dire que rien n'est synchrone en ce bas-monde. Toutechose suit son propre rythme, sa propre temporalité : par exemplele Soleil se lève ici, et simultanément il se couche ailleurs. Pour un esprit aussi étroit que celui de l'Homme, la distance et le mouvement semblent alors inconciliables. C'est pourquoi il a du inventer le Temps…

INSERT 1
L'aiguille d'une grosse horloge (type clocher) avance d'une minute dans un bruit résonnant.

VOIX-OFF
Malheureusement pour lui, il n'a rien fait d'autre que se créer une abstraction de plus, un autre flot de questions métaphysiques auxquelles il ne trouve aucune véritable réponse…

LA VIEILLE FEMME sur le banc, fronce les sourcils.

VOIX-OFF
L'Homme voit les événements survenir, lesquels influent directement sur son propre devenir : c'est cette progression d'événements qu'il a voulu quantifier… l'Homme a donc fabriqué une distance virtuelle, la durée, et sa mesure, les principes de l'heure et de la date. Pour cela, il s'est aidé des astres (Plan moyen sur le Soleil), ces grandes forces de la nature certes, il ne se rend pas compte de sa stupidité. L'Homme rêve toujours de voyager dans le temps… pourtant il le fait en permanence : il avance de seconde en seconde ! Selon son propre raisonnement, il voyagerait déjà : du passé au présent et du présent vers le futur… Cependant : le passé est un ancien avenir et un présent récent, le présent un passé prochain et un avenir récent, l'avenir enfin un présent et même un passé à venir : passé, présent et futur sont donc une seule et même chose. Le Temps, tel que l'Homme l'a défini, n'existe tout simplement pas !

INSERT 2
La grande horloge (de l'INSERT 1) se désagrège instantanément dans un chuintement étouffé.

VOIX-OFF
Le vent passe (les branches de l'arbre se plient), le vent s'écoule, il déplace les choses (une girouette change d'axe)… Mais le vent reste immobile… Tout comme le temps. En vérité, il est autant imperceptible qu'il est figé. Ce n'est pas un hasard si la vie de l'Homme et son développement reposent sur la force d'inertie…

INSERT 3
Gros plan sur un escargot rampant.

VOIX-OFF
L'Homme s'est néanmoins détourné de ce truisme, en même temps qu'il a désiré s'échapper de sa faible condition : il a créé le Temps pour essayer d'intégrer son évolution dans une spirale mathématique infinie, et ainsi pouvoir s'inscrire dans le divin… mais il n'a fait que définir une avancée continuelle vers le néant : il a ironiquement inventé le compte-à-rebours de sa mort…

LA VIEILLE FEMME, maintenant affalée sur le banc, respire doucement la bouche grande ouverte, les yeux fermés.


VOIX-OFF
Le Temps est et restera ineffable pour l'Homme… Car il représente une dualité, selon sa raison, incompatible : il est inexistant et pourtant omniprésent, permanence et variation, inertie et mouvement, tout et rien à la fois, fini et infini…

INSERT 4
Symbole unissant le Yin et le Yang, sur fond de ciel bleu.

TRANSITION ELLIPTIQUE :
La forme circulaire du symbole taoïste entre en corrélation avec la forme semi-sphérique du bac de la fontaine en vue aérienne.

VOIX-OFF
En somme, le Temps est similaire
à l'eau de cette fontaine : elle est statique mais elle circule, et rejaillit sans cesse… par cycles…

Un temps.

VOIX-OFF
D'ailleurs, aujourd'hui un nouveau cycle s'achève.
Nous sommes fatigués, las. Mais…
il n'y a pas de repos pour l'Eternel.

L'HOMME assis sur le banc apparaît soudain debout, la tête toujours hors-champ. Il fait un premier pas en même temps qu'un premier coup de clocher retentit.
Et tandis qu'il marche, la lumière du jour décroît, les coups de clochers se succèdent, et les nuages s'agglomèrent.
Et sous ses pas, le moindre brin d'herbe fane et le moindre arpent de terre se ternit, instantanément.
Le douzième coup de clocher retentit, et l'obscurité totale recouvre la ville.


INSERT 5
IMAGE DE L'ESPACE: La Terre cache le Soleil. La surface de la planète s'assombrit en conséquence.

FONDU AU NOIR

FONDU A L'IMAGE

Le Soleil illumine de nouveau l'horizon terrestre.
La ville et toute trace de vie ont disparu. Demeure seulement une grande plaine jonchée de végétations luxuriantes.

FONDU AU NOIR

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Lucas Fillon

Vous avez 3 heures

Un scénario de Camille Sambrès, 22 ans
Toulouse-France

 

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INTERIEUR, JOUR, CLASSE DE LYCEENS

Plan large : plusieurs élèves sont sagement assis dans une classe vieillotte, d'un lycée quelconque, et observent leur professeur, en train d'écrire au tableau le sujet du devoir « Dissertation : le temps dans la philosophie ? ». Il dépose la craie, se retourne.

Le professeur (pointant du doigt l'horloge qui se trouve au dessus du grand tableau noir)
Vous avez 3 heures !

Les élèves saisissent rapidement leurs plumes et commencent à griffonner quelques idées au brouillon.

Travelling vers l'un d'entre eux, qui, au contraire, reste figé. Il fixe sa feuille blanche, le regard vide. Il lève les yeux vers son voisin qui déjà a noirci une page de brouillon. Il jette un regard sur la classe entière et regarde à nouveau sa feuille. S'enfonçant dans sa chaise, il pousse un soupir sonore, si bien, que le professeur, assis à son bureau, face à la classe, lui jette un regard noir.
L'élève se redresse alors et prend sa plume. Mais il n'arrive toujours pas à écrire quelque chose sur cette envahissante page blanche.

Il relit en silence le sujet au tableau pour trouver un peu d'inspiration. Mais fait une grimace de désespoir. Puis il observe l'horloge au dessus du tableau : il suit des yeux la trotteuse dans sa course régulière et la grande aiguille qui avance tranquillement. Petit à petit, son pied se met à battre le rythme et son index le contre-temps.

Il regarde alors le professeur craignant une réprimande et constate que celui-ci l'observe avec insistance. L'élève baisse alors rapidement les yeux de peur que son professeur constate son retard.
Lentement, l'élève relève la tête et regarde à nouveau, le plus discrètement possible, le professeur, qui est toujours en train de l'observer, mais qui, à la plus grande surprise de l'élève, lui sourit. Intrigué, l'élève lui retourne un sourire crispé, emprunt d'inquiétude. Le professeur se met alors à tapoter du doigt la montre qui se trouve à son poignet. L'élève acquiesce alors et reprend fermement sa plume en main, comme pour se mettre au travail. Mais c'est alors que le professeur se racle la gorge pour attirer l'attention de l'élève. Ce dernier lève la tête : le professeur tapote à nouveau sa montre et lance un regarde complice à l'élève confus. Celui-ci regarde alors sa propre montre et constate avec surprise que celle-ci est toute molle, difforme, se ramollit, s'étire, s'étale, si bien que le 6 fini par tomber sur sa jambe, comme un morceau de chewing-gum chauffé.

L'élève stupéfait touche avec prudence, du bout de son index, ce 6, collé sur sa jambe : il est mou et gluant comme le blanc d'un œuf au plat pas tout à fait cuit. Soudain, le 6 se met à bouger, à se relever et puis finalement à se déplacer sur la jambe de l'élève, qui, complètement effrayé, se lève avec violence de sa chaise. Il jette alors un regard apeuré autour de lui mais personne ne réagit, ne semble voir ce qui se passe.

Finalement, il voit le 6 glisser le long de sa jambe, de sa chaussure et se déplacer sur le plancher jusqu'à la porte de la classe. Là, le 6 glisse avec facilité sous la porte et disparaît.

L'élève, tout aussi intrigué qu'apeuré, se dirige lentement vers la porte. Il jette un dernier regarde en direction de la classe qui semble totalement figé et finalement, ouvre la porte.

EXTERIEUR, JOUR, TABLEAU « LA PERSISTANCE DE LA MEMOIRE » DE DALI

Au lieu du sombre couloir de son école, l'élève découvre alors une grande plaine aride, bordée de montagnes, un arbre mort, un visage déformé, une montre à gousset recouverte de fourmis, autrement dit, le décor du tableau de Dali, « La persistance de la mémoire ».

Stupéfait, il n'ose pas franchir le pallier. Mais c'est alors qu'il aperçoit le 6 se déplacer sur cette terre aride, laissant une empreinte sinueuse. Il hésite alors.

Un vieil homme barbu, habillé d'une toge bleue (Aristote) surgit devant l'élève

L'homme
« En tant qu'il limite, l'instant n'est pas un temps, mais est accident du temps ; et en tant qu'il est nombre, il est temps ». L'homme disparaît.
Une spirale se forme alors au milieu de la plaine et se transforme en tourbillon, aspirant en son centre, l'arbre, le visage, la montre à gousset et la montagne du décor, ainsi que l'élève, qui tente, sans sucés, de se retenir au cadre de la porte.
Il est finalement lui aussi aspiré dans ce tourbillon fait d'un sable fin.

INTERIEUR, JOUR, SABLIER
Après une longue chute, l'élève se retrouve au sommet d'une dune de sable immense. Les jambes enfoncées, il tente de s'extraire, si bien, qu'il bascule et roule jusqu'au pied de la dune, avant de se cogner avec force contre un mur invisible.
Après avoir repris ses esprits, il se relève et tente de comprendre ce qui a pu stopper sa chute. Il s'avance alors avec prudence, les mains tendues en avant. Soudain, ces dernières se heurtent à une sorte de vitre géante et pratiquement invisible. L'élève se déplace en gardant les mains contre la vitre pour tenter de trouver une issue. C'est alors, qu'il aperçoit, de l'autre côté, au loin, certaines formes, couleurs, mouvements.

L'élève (hurlant)
Il y a quelqu'un ? Je suis là ! Venez m'aider, je suis...je suis coincé !
Personne ne répond. Alors l'élève approche son visage de la vitre pour mieux distinguer ce qu'il y a de l'autre côté. Sa vision est plus claire : c'est un plateau de télévision. Face à un présentateur vêtu d'un costume blanc, 4 candidats se tiennent debout, derrière leur pupitre ; des lumières multicolores clignotent dans tous les sens ; le présentateur s'agite.
Un brouhaha se fait entendre. L'élève colle alors son oreille contre la paroi pour mieux entendre.

Un présentateur
Bravo Jean-Pierre ! Alors maintenant, l'ultime question : quel roman Marcel Proust a écrit entre 1908 et 1922 ? Marie ? », « A la recherche du temps perdu ! », Parfait ! Jean-Pierre et Marie, vous êtes qualifiés pour la seconde épreuve ! Attention...on retourne le sablier, c'est parti !
C'est alors que l'élève est emporté dans une vague violente de sable, qui l'entraîne dans un nouveau tourbillon.

EXTERIEUR, NUIT, DELOREAN

Après une longue chute, l'élève se retrouve assis dans une voiture, à côté d'un chauffeur

Le chauffeur (lui parle avec fougue)
Tu ne crois pas Marty ?

L'élève
Mais, mais, vous êtes… le Doc ? Enfin, Emmett Brown de Retour vers le futur ?

Doc
Nom de Zeus, qu'est-ce qu'il t'arrive Marthy ? C'est peut-être un contre-coup dû au dernier voyage à travers le continuum espace-temps mais alors...
Le professeur se lance dans une complexe réflexion.
L'élève oublie alors le Doc et observe le célèbre véhicule du film de Robert Zemeckis : un tableau de bords couvert de boutons, manettes, voyants multicolores, compteurs...et caetera. A l'arrière, le chien Einstein dort tranquillement. Et à l'extérieur, des milliers de véhicules volants circulent, dans différents couloirs délimités par des bornes volantes rouges.
L'élève (se tourne vers le Doc)
Mais comment est-ce possible ? Comment je peux être ici, dans un ...film ?

Doc
Un film ? (se parlant à lui-même). Je ne dois pas avoir assez évalué les risques des voyages spatiaux-temporels sur le cerveau humain...Tu ne te souviens pas d'où nous venons ? Tu sais au moins qui tu...

La Delorean percute violemment un camion de livraison « Citizen » ; l'élève est alors projeté à travers le pare-brise, qui se brise en millier de morceaux de verres, puis chute dans le vide entouré des débris de verres et des montres, tombées du camion.
INTERIEUR, JOUR, JARDIN D'UNE MAISONNETTE
, L'élève atterrit enfin dans un jardin, laissé à l'abandon, où poussent mauvaises herbes et ronces. Sans égratignure, il se relève et tente de savoir où il se trouve. Les débris de verres et les montres sont devenus une pluie fine. Il aperçoit alors une maisonnette au fond du jardin. Il s'avance alors, avec prudence. Soudain, il voit sur le perron de la maison, un vieil homme, assis sur un rocking-chair, une couverture usée sur les jambes.
Il décide d'aller lui demander de l'aide. L'élève s'approche, monte les quelques marches et s'adresse au vieil homme,

L'élève (lentement et poliment)
Bonjour Monsieur...

L'élève s'arrête net : le vieil homme a dit exactement la même phrase, en même temps que lui.

L'élève (intrigué)
Je ne veux pas vous déranger mais...

Le vieil homme vient à nouveau de prononcer les mêmes paroles, en même temps que lui, avec une synchronisation parfaite.
L'élève fronce alors les sourcils - le vieil homme fait exactement le même mouvement. L'élève lève alors une main – le vieil homme l'imite.
L'élève tourne la tête vers la droite – le vieil homme fait de même.

L'élève (agacé)
Mais...mais...qu'est-ce que vous faites ? Mais...mais arrêtez, voyons, ce n'est pas drôle !

Le vieil homme prononce les mêmes paroles.

Soudain, un petit garçon sort de la maison. L'élève s'apprêtait à lui parler lorsque celui s'approche de lui, passe ses petits bras autour de ses jambes.

Le petit garçon
Je t'ai trouvé grand-père !

L'élève effrayé, repousse alors l'enfant et fait quelques pas en arrière, si bien, qu'il rate la première marche de l'escalier et tombe. Il tombe non pas sur le sol mais, à nouveau, dans le vide.

INTERIEUR, JOUR, GALERIE DES GLACES DU CHÂTEAU DE VERSAILLES,
L'élève termine sa chute sur le parquet de la Galerie des Glaces du Château de Versailles. Alors qu'il relève la tête, une délicate main est tendue vers lui. Il l'a saisit alors et se retrouve debout face à une belle jeune femme, habillée d'une magnifique robe ample dorée, décorée de plusieurs nœuds rouges et resserrée à la taille par un corset (robe de l'époque de Louis XIV). Au sommet d'une perruque imposante, une plume d'autruche rouge et au coin d'une fine bouche, une mouche.
L'élève et cette fascinante femme se mettent alors à danser, tout autour de la galerie.

Puis, l'élève laisse la jeune femme pour en rejoindre une autre (en un seul mouvement). Celle-ci est habillée d'une robe droite, rouge et blanche, dont la taille se trouve sous la poitrine (robe Empire). Il fait à nouveau quelques pas de danse, pour finalement rejoindre une nouvelle femme, habillée d'une robe Belle époque. Il effectue encore quelques pas et rejoint une autre femme, habillée, selon la mode des années folles, à la garçonne. Elle entraîne l'élève dans une sorte de valse.

Mais alors que l'élève allait rejoindre une autre jeune femme habillée d'une robe cloche jaune, une terrible sonnerie se fait entendre ; les lustres de la Galerie tremblent ; la femme-garçonne s'arrête, effrayée ; les murs se rapprochent alors ; la lumière s'éteint ; l'élève ne voit plus rien ; seul le son assourdissant subsiste.

INTERIEUR, JOUR, CLASSE,
L'élève se réveille dans sa classe, au lycée. Il est toujours sur sa chaise. Les élèves sont tous là, le professeur aussi. La sonnerie de fin classe retentit avec fracas. Tous les élevés rassemblent leurs affaires, se lèvent et vont déposer leurs devoirs sur le bureau du professeur. Soudain, l'élève se souvient : il regarde sa montre, tout à fait normale ; lève les yeux vers l'horloge de la classe : 3h sont passés ; il regarde le tableau et lit le sujet ; enfin, il baisse les yeux vers sa feuille : elle est toujours aussi blanche. Il soupire alors et laisse tomber lourdement sa tête sur la feuille.

L'élève de dos, la tête posée sur sa feuille.
Travelling avant sur le coin de la tableau, à côté de la trousse de l'élève, où est inscrit, parmi plusieurs graffitis, à l'encre noire, un petit 6, qui se met légèrement à glisser sur la droite...

 

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Lucas Fillon

4 minutes chrono
(pour faire sa déclaration d’amour)
 

Un scénario de Lucas Fillon, 23 ans,

Epinay-sur-Seine-France

 

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Note : Ce court-métrage est divisé en quatre parties, chacune d'une durée d'une minute. À l'écran, il sera indiqué le temps : « 4 minutes », « 3 minutes », « 2 minutes », puis, pour la dernière minute, le spectateur verra les secondes défiler à l'écran, jusqu'à ce qu'apparaisse « 0 secondes ».

SEQUENCE 1- INTERIEUR-JOUR-SUR UN QUAI DE GARE

ANTONIN, 24 ans, de taille moyenne, brun, les cheveux courts, plutôt mince, tient un sac de voyage dans une main, et un sandwich dans l'autre. Il est accompagné d'EMMA, 23 ans, de taille moyenne, les cheveux longs, très séduisante. Ils marchent tous les deux côte à côte. Emma cherche la voiture du train où elle doit s'installer pour voyager. Antonin, dans ses pensées, la suit. Par l'intermédiaire d'une voix-off, on entend les pensées d'Antonin.

ANTONIN
(voix-off) Faut que je lui dise que je l'aime. Faut que je lui dise que je veux pas qu'elle parte… C'est maintenant ou jamais… (Antonin jette un regard à la pendule de la gare) 15h34… Son train part à 15h38… Allez Antonin, sois courageux un peu dans ta vie, dis-lui que tu l'aimes… T'as quatre minutes…

Antonin est interrompu dans ses pensées par Emma. Apparaît à l'écran le carton : « 4 minutes »

EMMA
Voiture 8, c'est ici… Tu peux me donner mon sac ? (Antonin lui donne son sac) Merci… (Un temps, ils se regardent) Bon, ben, merci pour tout… J'ai passé un séjour très sympa avec toi… C'était cool…

ANTONIN
(En rangeant son sandwich dans sa poche) Tu reviens quand ?

EMMA
Je reviens pas, Antonin, tu le sais très bien… On en a assez parlé, non ?

ANTONIN
Oui… Mais, je… (Un léger temps) Ecoute, Emma, je…

EMMA
(Pleine d'espoir) Oui ?

Antonin est interrompu par une vieille dame. Cette dernière s'adresse à Emma, en parlant très fort.

LA VIEILLE DAME
(À Emma) EXCUSEZ-MOI, JE CHERCHE LA VOITURE 8… J'AI PERDU MES LUNETTES, ET…

EMMA
(En montrant la voiture 8) C'est là…

LA VIEILLE DAME
QUOI ? VOUS POUVEZ ARTICULER ?! JE COMPRENDS RIEN !

ANTONIN
(Interrompant Emma, qui s'apprêtait à répéter. Il a un ton agressif) ON VOUS A DIT QUE C'ETAIT LÀ! ALLEZ, DÉGAGEZ !

Antonin force la vieille dame à entrer dans la voiture et lui balance ses bagages. Cette dernière rouspète, tandis qu'Emma observe Dimitri avec surprise.

EMMA
Eh ben dis donc !

ANTONIN
Désolé, mais c'est très important ce que j'ai à te dire, et j'ai pas beaucoup de temps… Voilà, en fait, je…

Soudain, Antonin pousse un cri de douleur.

EMMA
Qu'est-ce qu'il y a ?

On découvre alors qu'un chien, un yorkshire, est en train de mordre le pied d'Antonin. De plus, une femme d'une soixantaine d'années, les cheveux bleus, très exubérante, à qui visiblement appartient le chien, appelle Antonin, et court vers lui. Elle a un sac à la main. Antonin se retourne et découvre, désespéré, qui est cette femme. Le chien a cessé de mordre Antonin.

ANTONIN
Maman…

Apparaît à l'écran le carton : « 3 minutes »

La mère d'Antonin, BERNADETTE, a rejoint Antonin et Emma.

BERNADETTE
(Au chien) Raymond ! Raymond ! Lâche Antonin immédiatement ! (À Emma, en lui faisant la bise) Emma, ravie de te voir, c'est si dommage que tu partes…

EMMA
Eh oui, mais personne ne me retient…

ANTONIN
(Antonin regarde Emma. Léger temps. Puis il s'adresse à sa mère, énervé)
Maman, je peux savoir ce que tu fais là ?!

BERNADETTE
(En sortant le sandwich) T'avais oublié ton deuxième sandwich !

ANTONIN
(Agressif) Mais, Maman, tu crois vraiment que c'était urgent ?! En plus, je t'avais dit que c'était pas la peine de faire quinze mille sandwichs ! T'es vraiment soûlante !

BERNADETTE
(À Emma) Non mais t'as vu comment il parle à sa mère ? Tu parles comme ça à ta mère, toi ? (Au bord des larmes) De toute façon, moi, y a que Raymond qui me respecte !

Alors que Bernadette se lance dans une tirade sur la grande bonté des chiens, le spectateur entend à nouveau les pensées d'Antonin.

ANTONIN
(En voix-off) Bon, il me reste 2 minutes et 18 secondes pour dire à Emma que je l'aime… Il faut absolument que j'éloigne ma mère… (Antonin jette un coup d'œil au chien Raymond ; fin voix-off) Raymond, viens ici !

Le chien se dirige vers Antonin, qui lui montre alors un morceau de son sandwich, et qu'il lui balance très loin. Le chien va chercher le morceau de pain et se perd dans la foule. Antonin interrompt alors sa mère, toujours en train de déclamer sa tirade, et qui ne s'est aperçu de rien.

ANTONIN
Maman, Raymond a disparu !

BERNADETTE
Comment ça ? Mais il est où ?! Raymond ! Raymond !

La mère, paniquée, s'éloigne. Antonin et Emma se retrouvent enfin tous les deux.

ANTONIN
J'ai plus beaucoup de temps pour te dire ce que j'ai à te dire… Emma, je…
Je t'ai…

Soudain, un homme baraqué, d'une quarantaine d'années, tape sur l'épaule d'Antonin. Antonin se retourne, et reçoit un coup de poing dans la figure de la part de cet homme. Apparaît à l'écran le carton : « 2 minutes »

L'HOMME BARAQUÉ
Ça, c'est pour avoir parlé à ma mère comme tu lui as parlé ! Et la prochaine fois, n'oublie pas de respecter les vieilles dames !

Antonin est à terre. L'homme baraqué s'en va tranquillement et rejoint sa mère, qui n'est autre que la vieille dame du début, à laquelle Antonin avait mal parlé. De loin, Antonin aperçoit la vieille dame qui se moque de lui. Face à la carrure imposante de l'homme baraqué, personne n'a osé réagir. Une fois que ce dernier est parti, Emma se précipite vers Antonin, et d'autres voyageurs se rassemblent autour d'eux.

EMMA
Antonin, ça va ? Ça va ? Parle-moi !

Antonin tombe dans les pommes. Bernadette, son yorkshire sous le bras, est de retour, et pousse le groupe de personnes qui entoure Antonin et Emma.

BERNADETTE
Poussez-vous ! Poussez-vous ! C'est mon fils ! Poussez-vous, je vous dis !
(En se précipitant sur Antonin) Antonin, ça va ? Ça va ?

UN AGENT SNCF
(Qui arrive en courant) Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Bon, s'il vous plaît, Messieurs, dames, regagnez le train ! Le départ est imminent ! Vous inquiétez pas, on va s'occuper du monsieur…

Les voyageurs regagnent le train.

EMMA
(À la mère d'Antonin) Faut que j'y aille, Bernadette, sinon je vais rater le train…

BERNADETTE
Oui, oui, vas-y, Emma, je comprends…

EMMA
(Elle se dirige vers sa voiture, puis se retourne vers Bernadette) Vous m'appellerez pour me dire comment il va ! Et puis, quand il se réveillera, dites-lui que… (Un léger temps) Oh, et puis non, dites-lui rien… Laissez tomber… Au revoir !

Emma monte dans la voiture de son train. Apparaît à l'écran le carton : « 1 minute ». Dans cette dernière partie, nous verrons défiler les secondes à l'écran.

BERNADETTE
(Elle donne des claques à Antonin pour qu'il se réveille) Antonin ! Antonin !
Réveille-toi !

Antonin se réveille en sursaut, en poussant un cri de douleur. On découvre alors que c'est le yorkshire qui l'a réveillé en le mordant. Antonin jette un coup d'œil à la pendule de la gare : dans quinze secondes, le train d'Emma part. Antonin se lève précipitamment et décide alors de monter dans la voiture du train d'Emma. Mais il est trop tard : le signal de fermeture des portes retentit. Les portes se ferment.

ANTONIN
(En hurlant, et en tapant sur les portes fermées) Non, Emma, ne pars pas ! Je t'aime !

Le train part. Le carton « 0 secondes » apparaît à l'écran. Antonin est dépité. Sa mère et son yorkshire le rejoignent. Antonin s'effondre dans les bras de sa mère. Puis, silencieux, ils s'éloignent tous les deux du quai pour regagner la sortie de la gare. Quand, soudain, on entend un signal d'alarme, suivi d'un bruit de freinage. Antonin et sa mère se retournent. Le train n'est pas parti. Il s'est arrêté.

Apparaît à l'écran le carton : « Temps additionnel : 3 minutes »

Les portes d'une des voitures du train s'ouvrent. Sortent de cette voiture l'homme baraqué qui avait précédemment donné un coup de poing à Antonin, et un autre homme d'une quarantaine d'années, LE VOYAGEUR 1. Ils ont tous les deux le visage en sang. Ils se sont visiblement battus, et continuent de se battre sur le quai.
L'HOMME BARAQUÉ
Non mais tu parles pas comme ça à ma mère !

LE VOYAGEUR 1
Je lui parle comme je veux à ta mère !

On aperçoit la mère de l'homme baraqué, toujours la vieille dame du début, dans le train, riant de la situation. Tous les voyageurs sont collés aux vitres pour regarder les deux hommes se battre. Certains sont descendus sur le quai pour essayer de les séparer, d'autres manifestent leur mécontentement.

UN VOYAGEUR
Non mais il fallait pas tirer le signal d'alarme pour ces deux abrutis qui se battent ! On va être en retard !

Antonin, lui, a son visage qui s'éclaire.

BERNADETTE
(À Antonin) Mon chéri, si tu tiens à ta Emma, c'est maintenant ou jamais !

Antonin se met alors à courir vers la voiture 8. Il essaye d'ouvrir les portes, mais n'y arrive pas. Elles bloquent.

ANTONIN
(En essayant de forcer sur les portes) Mais allez, ouvrez-vous ! Allez ! (En hurlant) Emma ! Emma ! Je t'aime !

Emma, qui écoute de la musique avec son casque sur les oreilles, n'entend pas Antonin.

BERNADETTE
(Avec son yorkshire sous le bras) Antonin ! (Antonin se retourne) T'as pas remarqué qu'Emma a une place contre la vitre, et donc qu'il suffit juste que TU TAPES À SA VITRE ! LÀ !

Antonin se rend effectivement compte qu'Emma a une place contre la vitre. Il se précipite pour taper à la vitre. Emma retire son casque des oreilles. Elle comprend qu'Antonin lui dit qu'il l'aime, qu'il ne veut pas qu'elle parte. Son visage s'illumine. Elle se précipite pour descendre du train. À ce moment- là, le chauffeur annonce que le train va repartir.

LE CHAUFFEUR
Mesdames et messieurs, j'ai le plaisir de vous annoncer que les deux abrutis qui se sont battus ont été sortis du train. Nous allons donc pouvoir repartir. Attention à la fermeture des portes. (Une pause, puis il reprend la parole) Et pas la peine de dire que la SNCF est toujours en retard, là c'est pas de notre faute, hein !

Le signal d'alarme retentit. Antonin espère qu'Emma va descendre à temps du train… Finalement, Emma parvient à descendre. Le train s'en va.

EMMA
Je crois que tu voulais me dire quelque chose, non ?

ANTONIN
Je t'aime !

Emma et Antonin s'embrassent fougueusement. Alors que la caméra s'éloigne, on entend Antonin en voix-off.

ANTONIN
(voix-off) Depuis ce jour, j'ai compris qu'il ne fallait jamais attendre pour dire aux gens qu'on aime qu'on les aime… Car dans la vie, on ne bénéficie pas toujours de temps additionnel…

FIN

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concours d'écriture de scénarios 2010

JURY DES JEUNES SCENARISTES

Arnold De Pascau, 22 ans (Rennes, France), lauréat du concours 2009
avec son scénario "Petite soirée chez M. Vaillant" présidera le jury de jeunes scénaristes.

LECTURE

Lecture des scénarios lauréats du concours par Pierre Richards, metteur en scène, en présence de leurs auteurs.
Ces lectures auront lieu durant le week end de compétition

Le samedi 20 et dimanche 21 novembre.


Consulter le programme du 11ème festival international de cinéma

Samedi 20Journée & soirée Dimanche 21Journée & soirée


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